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Pourquoi un vaccin potentiel créera-t-il un boom dans la supply-chain des produits en température dirigée ? 

Avec près de 400 vaccins COVID-19 potentiels en cours de développement, la course est lancée pour sécuriser les espaces et capacités de transport à température contrôlée nécessaires au stockage et à la distribution. Nous vous proposons à travers cet article de mieux comprendre les enjeux de la distribution des produits de santé.

24 novembre 2020

 

En France, le secteur de la santé est l’un des principaux contributeurs à la formation du PIB National.

Il s’agit d’un secteur d’activité très large qui regroupe :

  • La santé marchande et non marchande (hôpitaux, médecins libéraux, dentistes, auxiliaires médicaux, services de transport de malades, activités de collecte, laboratoires)
  • L’industrie pharmaceutique ainsi que d’autres activités (notamment l’activité commerciale des pharmacies et des opticiens)
  • L’activité de recherche des laboratoires pharmaceutiques et des établissements publics, la construction de matériel médico-chirurgical et orthopédique, l’activité d’enseignement dans les facultés et écoles de formation, etc.).

Le secteur de la santé en France en quelques chiffres :

  •  329 Milliards d’euros par an de production directe
  •  12,5 % de l’activité économique Nationale
  •  3 200 000 emplois en France
  •  50% d’exportation pour les médicaments fabriqués en France 

Pourquoi la pandémie actuelle, renforce-t-elle les secteurs de la distribution des produits de santé ? 

L'industrie pharmaceutique joue un rôle essentiel dans la création de vaccins et de thérapies COVID-19, mais ce n'est qu'une petite partie des quelque 62 000 médicaments en cours de développement pour diverses maladies, d’où un secteur de la distribution des produits de santé en forte évolution.

La crise que nous avons connue avec la pandémie COVID-19 a souligné l’importance de la distribution des produits de santé au sens large : 

En première phase : pour les équipements de protection individuelle (masques, gants, surblouses, …) à destination des personnels de Santé mais aussi pour l’ensemble des populations. Que ce soit à l’hôpital, en clinique ou en EHPAD, en cabinet médical, maison ou centre de santé ou encore en laboratoire de biologie, les professionnels de santé ont dû constituer des stocks en période de crise épidémique pour protéger leur personnel directement exposé aux risques. Puis Santé Publique France, les administrations locales (régions ou villes), les Entreprises les associations ou les particuliers ont constitué des stocks de masques. L’ensemble de ces initiatives a permis de pallier l’insuffisance de stocks de masques connue en début de pandémie.    

En deuxième phase : les tests. Il existe à ce jour deux types de tests pour identifier les personnes malades et les prendre en charge, casser les chaînes de transmission du virus et maîtriser l’évolution de l’épidémie en France :

Les tests virologiques (RT-PCR) permettent de déterminer si une personne est porteuse du virus au moment du test, grâce à un prélèvement par voie nasale ou salivaire. Le résultat est en général disponible dans les 24 heures qui suivent. Grâce à une augmentation importante des capacités de tests, il est actuellement possible de réaliser entre 1,3 et 1,4 millions de tests chaque semaine sur l’ensemble du territoire. Le prélèvement doit être conditionné dans un triple emballage souple. S'il n'est pas acheminé directement au laboratoire, un stockage à + 4 °C doit être mis en place pour assurer la conservation des échantillons.

Les tests sérologiques 
permettent de rechercher si une personne a développé une réaction immunitaire après avoir été en contact avec le virus. Ces tests détectent la présence d'anticorps au moyen d'une prise de sang. Les tests sérologiques fiables figurent sur une liste en ligne sur le site du ministère des solidarités et de la santé et les ils sont remboursés par la sécurité sociale lorsqu’ils entrent dans le cadre des indications définies par la Haute Autorité de Santé. Les tests sérologiques ne répondent pas à la même question que la PCR. La PCR détecte directement la présence du virus, alors que le test sérologique nous dit si le patient a été en contact ou non avec ce dernier. Si le test sérologique est positif, alors le virus a de forte chance de ne plus être là.

De nouveaux tests en cours de développement :
De nouveaux tests, notamment salivaires, sont en cours de développement mais doivent encore être validés par les autorités sanitaires. Il s’agit aujourd’hui de déterminer s’ils sont aussi fiables que les tests nasopharyngés (prélèvements dans le nez). Si leur sûreté et leur efficacité sont démontrées, le gouvernement favorisera leur déploiement.

En troisième phase : les vaccins.

La HAS (Haute Autorité de Santé) poursuit ses travaux sur la stratégie d’utilisation de futurs vaccins contre la Covid-19. Après avoir posé un cadre de réflexion sur la priorisation des populations à vacciner selon différents scénarios, elle propose aujourd’hui un projet de recommandations intermédiaires sur la mise en œuvre de la campagne de vaccination : modalités organisationnelles et grands principes de l’information des publics – notamment sur la priorisation nécessaire. Afin de recueillir les avis des principaux acteurs du champ de la vaccination, ces travaux sont soumis à consultation publique jusqu’au 30 novembre 2020 sur le site internet de la HAS.

Des vaccins pour lutter contre la Covid-19 sont en cours de développement dans de nombreux pays. Pour ne pas perdre de temps lorsqu’ils seront prêts à être distribués, la HAS, par la voie de sa commission technique des vaccinations (CTV), anticipe leur arrivée en menant différents travaux sur la stratégie vaccinale, travaux organisés en quatre axes :

  • Identifier les populations à cibler prioritairement,
  • Identifier les critères pertinents d’évaluation,
  • Mener une veille sur le développement des vaccins susceptibles d’être rapidement mis à disposition,
  • Définir les modalités pratiques de la campagne de vaccination.

 

Produire et assurer l'approvisionnement des vaccins

Source : Information vaccins du Leem

 

Enfin, la Pandémie a aussi eu un impact sur les médicaments de confort (produits OTC) et sur les équipements médicaux liés à l’oxygène. C’est donc un ensemble de produits de Santé large qui a été concerné par la pandémie. 

Pourquoi un vaccin potentiel créera-t ’il un boom dans la supply-chain des produits en température dirigée ?

Avec près de 400 vaccins COVID-19 potentiels en cours de développement, la course est lancée pour sécuriser les espaces et capacités de transport à température contrôlée nécessaires au stockage et à la distribution. La vaccination rapide des populations est devenue un élément majeur pour permettre à l’économie mondiale de sortir de sa léthargie actuelle. 

Une flexibilité opérationnelle indispensable

Les modalités choisies pour la campagne de vaccination auront un fort impact sur son bon déroulement et son efficacité, elles devront donc être pragmatiques et flexibles.

Le choix du ou des futur(s) vaccin(s) pour une campagne de vaccination en France aura des impacts certains sur la chaîne de distribution et cela n’est pas toujours intégré en amont par les laboratoires.

A titre d’exemple, les dernières annonces concernant le vaccin du groupe Pfizer font été d’une conservation à – 80°C pour une distribution express en froid actif (2°C – 8°C), le délai de stabilité du vaccin étant limité à cette température. Le vaccin annoncé par Moderna est prévu en conservation à -20°C pour une distribution en froid actif (2°C – 8°C) avec une stabilité plus longue que son produit concurrent.

Les incidences de ces différences de produits sont très conséquentes en stockage car les installations existantes en - 80°C sont extrêmement limitées alors que les capacités en – 20°C sont plus importantes. En distribution primaire (vers des entrepôts pharmaceutiques) existent pour des températures de – 20°C avec des réseaux de transport en froid actif ou par utilisation de Carboglace. En distribution secondaire (vers les hôpitaux ou pharmacies par exemple) les solutions de transport en froid actif permettent déjà de distribuer au quotidien de nombreux produits. 

L’objectif de la campagne de vaccination sera certainement de diversifier les possibilités de vaccination pour atteindre les population cibles, et en particulier les populations vulnérables ou éloignées du système de santé : possibilité de vacciner en ambulatoire, au plus près des lieux de vie ou de soins habituels de la population ciblée, mise à disposition gratuite et immédiate du vaccin, limitation du nombre d’étapes entre la prescription et l’administration du vaccin... Un élargissement des compétences vaccinales des infirmiers et des pharmaciens aiderait ainsi à atteindre une couverture vaccinale optimale dans les populations cibles. L’adhésion des populations à la campagne de vaccination nécessite que le parcours vaccinal soit le plus simple possible.

"Le temps est essentiel ici, et le bon équipement d'automatisation, dans le bon environnement de stockage au froid, peut littéralement sauver des vies", explique Patrick Remords.

D’où une accélération de la demande d'entreposage en température dirigée pour les produits de Santé …

Parallèlement à la course à la création d'un vaccin, il y a une course à la sécurisation des entrepôts pour les stocker. Il en va de même pour les EPI, les tests de dépistage, les médicaments… Les délais d’instruction ANSM pour homologuer de nouveaux sites pharmaceutiques, pourraient être accélérés dans un cadre de pandémie. 

La demande d'entrepôts en température dirigée en France, en particulier, s'est accélérée pendant les périodes de confinement en raison de l'augmentation des achats en ligne. Ce sont également les types d'espaces nécessaires au stockage des vaccins, qui nécessitent des températures de stockage spécifiques.

Quel que soit le vaccin qui émerge, et les besoins de produits de santé complémentaires pour une distribution de masse face à la pandémie, le processus de transport et de stockage pourra nécessiter un regroupement de ressources publiques et privées.  

Comment JLL peut être acteur de ces recherches ? 

Nous avons la connaissance des spécificités du marché pharmaceutique chez JLL et nous pouvons donc vous accompagner dans vos recherches de solutions immobilières. 

Les entrepôts pharmaceutiques doivent répondre à des critères spécifiques correspondant aux Bonnes Pratiques de Distribution ou de Fabrication limitée au conditionnement secondaire. Leur homologation par l’ANSM est indispensable pour qu’ils soient autorisés à stocker et distribuer des produits de Santé. Les entrepôts de distribution alimentaire ne peuvent donc pas systématiquement correspondre à ces réglementations d’autant que les besoins de régulation thermique ne sont pas toujours les mêmes.     

Les conditions spécifiques pour un entrepôt pharmaceutique concernent entre autres aspects le contrôle des températures, le système de traitement de l’air, le revêtement anti-poussière des sols, le sprinklage, la télésurveillance incendie et effraction, la vidéo-surveillance, les outils de contrôle des accès individuels par badges, la séparation des flux, …

La nouvelle réglementation européenne sur les fluides frigorigènes, applicable depuis Janvier 2020, implique de nombreux changements dans l’utilisation des réfrigérants et cela impacte d’autant plus la disponibilité des entrepôts que certains sites ne correspondent plus à ces exigences règlementaires.

Nous gérons dans notre système d’informations les spécificités des entrepôts et en particulier les aspects de température. Nous avons lancé un recensement de l’ensemble des capacités disponibles en France quelque soit le type de température dirigée des sites concernés et cela afin d’anticiper les demandes. Nous avons enfin des équipes de conseil en supply-chain et en immobilier (Supply Chain & Logistics Solutions) capables de vous accompagner dans tous vos projets.  

Supply chain, Immobilier logistique & industriel

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