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Témoignage Mutinerie

​​​​​​​​​​​​​​​​​Témoignage entreprise

Donner corps à une culture commune afin de fusionner deux entreprises​

focus-mutinerie



​Xavier Jaquemet
, Co-fondateur de Mutinerie​


« Mutinerie promeut un nouveau style de vie professionnelle. ‘Libres ensemble’ est notre devise. Mutinerie fédère une communauté de freelances et d’entrepreneurs en leur proposant un environnement de travail fertile. » 

En guise d’introduction, pourriez-vous nous dire quelques mots sur la genèse de Mutinerie ? Quelle est votre « raison d’être » ?

Nous quatre associés fondateurs sommes des amis d’enfance qui nous connaissons depuis le CP. Après avoir pas mal bourlingués, nous avons décidé un beau jour d’automne 2010 de créer un espace de  coworking à Paris. Nous voulions donner un écho au changement du monde du travail que nous percevions dans le sillage d’Internet : une nouvelle génération de travailleurs émerge, et avec elle de nouvelles méthodes de travail et d’organisation. Notre espace parisien qui a ouvert ses portes en mars 2012 est une première réalisation offrant à ces travailleurs de la connaissance un environnement propice au développement de leurs activités. 

Nous rassemblons une communauté de travailleurs autour de notre devise « libres ensemble ». Celle-ci véhicule des valeurs telles que l’indépendance, l’ouverture et l’entraide. Nous sommes garants de la confiance qui règne au sein de la communauté et animons les interactions entre nos « coworkers », l’idée étant​ que chacun puisse développer librement ses projets en étant stimulé par les échanges avec ses pairs.

« Sérendipité », collaborations spontanées, émulation, lien : de quelles façons vos lieux répondent–ils à ces enjeux ? Quel est le rôle de l’espace ? Où son pouvoir s’arrête-t-il ?

Le design de notre espace de coworking intègre dans les moindres détails une intention de provoquer des rencontres et de stimuler la créativité. A travers son architecture atypique et les mobiliers que nous y avons installés, notre espace véhicule une personnalité dont découle une ambiance « comme à la maison » qui facilite la réappropriation. Les circulations dessinées catalysent les interactions entre nos coworkers et d’autres éléments de « friction » disséminés ici et là sont autant d’interpellations offrant prétextes d’échanges et stimuli de créativité. 

Au-delà de l’espace physique, la force d’un espace de coworking réside dans sa communauté et dans l’intensité des interactions entre ses membres. Aussi nous animons cette communauté par de nombreuses et différentes manières : au quotidien, à travers des événements (conférences, ateliers, « hackathons », « startup weekends », etc.) ou encore en organisant « Mutinerie School » (centre de formation impliquant nos coworkers en tant qu’enseignants ou élèves). 

La combinaison du design de notre espace et de la vie que nous y animons forme définitivement un catalyseur de sérendipité, favorisant l’émergence d’idées et de nouvelles collaborations. Et bien sûr, comme vous l’avez compris, sans animation, un espace n’est qu’un contenant pouvant accueillir la plus fade des organisations.​

On dit que certains salariés envisagent aujourd’hui vos espaces comme une alternative à leurs bureaux. A votre avis, que viennent-ils chercher ? Que trouvent-ils chez vous que l’entreprise échoue à leur apporter ?

Aujourd’hui, ce sont souvent les employeurs qui prennent l’initiative. Ce sont aussi eux qui décident bien sûr. Les salariés que nous trouvons à Mutinerie sont essentiellement des salariés de startups ou d’autres salariés isolés tels des « business developpers » mandatés pour ouvrir une nouvelle agence. Pour ces entreprises généralement de petite taille, il est d’abord très commode de pouvoir installer du jour au lendemain un collaborateur dans un espace de travail comme le nôtre.

Au-delà de ces aspects purement pratiques, la qualité de l’environnement de travail offert par un espace comme Mutinerie est de plus en plus appréciée des entreprises ayant pourtant des bureaux. Les startups en particulier ont bien compris l’intérêt de fréquenter les espaces de coworking. Côtoyer d’autres startups et professionnels, se faire connaître, rencontrer de nouveaux talents sont autant d’avantages qu’elles y trouvent. C’est aussi offrir des conditions de travail attractives : être mobile et travailler dans les espaces de coworking correspond bel et bien à un style de vie qui répond aux aspirations des jeunes générations.

Pensez-vous que vos « bonnes pratiques » pourraient être dupliquées en entreprise ?

La réponse est définitivement oui ; si nous sommes très souvent sollicités pour partager notre approche et nos savoirs faire, c’est pour plusieurs raisons. 

La première est que nous comprenons particulièrement bien les aspirations d’une nouvelle génération de travailleurs dont l’importance ne cesse de grandir : nous sommes de cette génération et nous en faisons des portes paroles, en faisant la promotion du style de vie que nous souhaitons. Et sur ce sujet, tout est à faire dans les grandes entreprises qui peinent structurellement et culturellement à suivre le rythme.

La seconde est que nous savons designer un environnement fertile à la créativité et dans lequel l’individu a toute sa place. Un environnement de travail s’entend certes comme un lieu de travail mais surtout comme un environnement social. Notre approche est celle du design d’interactions, humaines, dont nous invitons naturellement les entreprises à s’inspirer. 

Réciproquement, Mutinerie et son écosystème ont certainement à apprendre des entreprises : en matière de travail collaboratif et d’organisation, il convient de s’inspirer des méthodes éprouvées de ces dernières afin de maintenir l’efficience de nos jeunes organisations en pleine croissance. C’est également pour cette raison que nous souhaitons jouer un rôle dans le rapprochement ces deux univers.

Et demain ? Comment collaborera-t-on d’après vous ?

La proportion d’indépendants croit à nouveau depuis plusieurs années, et cette tendance devrait se poursuivre dans les décennies à venir. Il y a de plus en plus de travailleurs de la connaissance, hyper connectés, hyper « brandés », et qui possèdent leurs propres outils de production que sont leurs savoirs et leurs outils de communication. Ces nouveaux artisans ont de plus en plus de liberté dans le choix de leurs projets et peuvent plus facilement décider de leur façon de travailler.

Les entreprises vont évoluer à l’image du monde du travail en général: les organisations vont s’aplatir d’une part pour donner plus de marge de manoeuvre aux talents qu’elles souhaiteront retenir. Elles vont devenir de plus en plus perméables au monde extérieur, que ce soit à travers la gestion de leurs données ou celle de leurs talents. Le niveau d’interaction et d’interdépendance entre entreprises de toutes tailles ne va cesser de croître si bien que celles-ci auront des frontières de plus en plus tenues. La mobilité accrue des talents d’une entreprise à l’autre ne fera qu’accroitre cet effet de dissolution des frontières. Les entreprises seront alors des « entreprises communautés », rassemblant un groupe de talents libres et responsables, liés à l’entreprise autant par leurs aspirations personnelles que par des modalités contractuelles très variables.​