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Témoignage DMJ-Consultants

​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​Témoignage entreprise

L'importance de la rupture symbolique

 
Temoignage DMJ


Bruno Jarrosson, Philosophe et Consultant en Stratégie, Directeur Associé chez DMJ-Consultants





« L’homme n’est pas anthropologiquement résistant au changement. Il voit simplement son intérêt : il s’agit d’une résistance stratégique. »
Bruno Jarrosson

En tant que penseur et spécialiste du changement organisationnel, pouvez-vous nous en dire plus sur les ressorts de notre attachement au bureau physique et de notre résistance à en changer ?


Votre sujet est presque philosophique ! En matière de changement dans les entreprises, on se heurte généralement à un paradoxe.
• D’un côté, le changement est pensé à partir de la stratégie d’entreprise, il est donc sous-tendu par des schémas théoriques et des raisonnements abstraits, les fameux « outils de conduite du changement ».
• De l’autre, les entreprises se heurtent à une réalité : elles fonctionnent avec des « vrais gens ». Des collaborateurs qui ont un vécu, qui s’élabore à partir d’une expérience très concrète du temps et de l’espace dans lequel ils évoluent. De façon somme toute légitime, ces individus cherchent à se sentir bien dans ce moment et dans ce lieu. On assiste donc inévitablement à la résistance de la matière à l’idée.
L’enjeu consiste ainsi à faire du changement, initialement conceptuel et abstrait, une expérience incarnée dans le temps et dans l’espace. L’objectif n’est pas de dicter aux collaborateurs ce qu’ils doivent faire ; il s’agit de les amener à le penser.


Face à ces dynamiques de changement, quel rôle pour les bureaux ? De quelle manière ces derniers peuvent-ils soutenir le changement voulu par l’entreprise ?

En tant qu’individu, notre premier rapport à la vie a consisté à nous approprier l’instant et l’espace. Ceci explique certainement notre rapport délicat aux aménagements ouverts dans les entreprises. En théorie, ils sont conçus pour améliorer la communication. En réalité, les bureaux mal conçus laissent bien souvent place à des stratégies de détournement (ex : nouveaux barrages sonores ou visuels), visant à se réapproprier le temps et l’espace.
Face à ces résistances, l’entreprise peut adopter deux postures opposées.
• Première solution : le modèle autoritaire, qui a inspiré les logiques industrielles tayloristes. Ce schéma repose sur 3 postulats de base : 1/ Il existe une meilleure façon de travailler 2/ Elle peut être objectivement définie. 3/ Elle doit être imposée. Cette position nie donc l’appropriation du temps et de l’espace par l’individu. Les limites en sont évidentes : conflit, gaspillage d’énergie, etc.
• Deuxième solution : le recherche d’une alliance avec l’individu. Cette orientation est fondée sur les constats inverses à ceux développés précédemment : 1/ Il y a de multiples « meilleures façons » de travailler. 2/ Ces dernières sont subjectives. 3/ Chaque individu est le plus à même de définir la façon de travailler qui lui correspond le mieux.
L’enjeu consiste donc à bâtir des schémas idéologiques, et à construire des temps et des lieux, permettant aux individus d’avoir leur propre subjectivité.